Les conférences - المحاضرات

Depuis sa fondation, le Centre d’études organise régulièrement des conférences animées par des universitaires et chercheurs algériens et étrangers. Les thèmes abordés couvrent l’histoire, le patrimoine et les questions socioéconomiques relatives à l’Algérie, au Maghreb et au monde arabe.

منذ تأسيسه، ينظم المركز دوريا محاضرات يلقيها أساتذة و باحثون جزائريون و أجانب يعالجون فيها مواضيع تتعلق بالتاريخ و التراث و القضايا  الاجتماعية و الاقتصادية المتصلة بالجزائر، المغرب و الوطن العربي.

Since its foundation, the Centre of Studies regularly organizes lectures by academics, Algerian and foreign researchers. The topics cover the history, heritage and socio-economic issues in Algeria, North Africa and the Arab world.


L'observatoire d'Alger
Développement de l'astronomie française en Algérie (1830-1938)

Astronomie de province ou astronomie coloniale ?


Frederic Soulu
Université de Nantes


Jeudi 27 avril 2017
14h30

« Le développement de l’astronomie française en Algérie » décrit et analyse les pratiques des acteurs des sciences de l’observatoire en contexte colonial, entre 1830 et 1938.

 

Pendant la première période identifiée (1830-1855), les savants civils et militaires développent la météorologie sur le terrain algérien sous le contrôle de l’armée française. Ils agissent dans la perspective de l’assistance aux combats et de la diffusion de l’image d’une colonie agricole propice au peuplement. Le premier réseau météorologique organisé par l’État français se déploie à partir de 1841 dans l’espace conquis. Des observatoires temporaires sont destinés à des opérations géographiques.

 

Sous la pression des colons civils en Algérie et à la faveur d’un changement de régime politique, une station astronomique civile est fondée à Alger en 1858. Elle est dotée d’un grand télescope, le plus grand de France, destiné à un programme astronomique prestigieux.

 

Entre 1855 et 1885, les acteurs évoluent dans un cadre de grande autonomie par rapport au centre parisien et les pratiques oscillent entre innovation, comme les prévisions météorologiques, et services au Gouvernement général.

 
La dernière période étudiée, entre 1885 et 1938, est celle des lunettes d’astrométrie. Ces instruments permettent la détermination de positions géographiques.

 

Initiée par la pénétration militaire du Sahara algérien et les débuts de l’enseignement supérieur colonial à Alger, la période est marquée par la construction d’un observatoire permanent. Sur le site de la Bouzaréah, se développe une tradition astrométrique caractérisée particulièrement par la participation au programme de la Carte du ciel.

 

Astronome de formation, Frédéric Soulu est docteur en histoire de l'Université de Nantes et membre du Centre François Viète d'épistémologie et d'histoire des sciences et des techniques.

Publications:
  • Lamy, J., Soulu, F., "L'émergence contrariée du chronographe imprimant dans les observatoires français (fin 19e -début 20e s.)", Annals of Science, vol. 72, n°1, pp75-98
  • Soulu, F., « D'un observatoire à une station d'observation : Abbadia 1858-1975 », in La (re)fondation des observatoires astronomiques sous la IIIe République. Histoire contextuelle et perspectives actuelles, Jérôme De La Noë et Caroline Soubiran (Eds), Pessac, Presses Universitaires de Bordeaux, 2011, pp 277-292
  • Soulu, F., « L'instrument scientifique à la rencontre du public », in Patrimoine scientifique : le temps des doutes , Cahier François Viète, Série II, n°3, Université de Nantes, 20

 

 



Le Centre d'études diocésain les Glycines et les Éditions barzakh
Vous convient à un dialogue entre les écrivains
Samir KACIMI et Amara LAKHOUS
Deux écrivains arabophones de la même génération, aux parcours singuliers,
et qui ont profondément renouvelé le paysage littéraire algérien de ces dix dernières années.
Rencontre animée par Mohammed Sari (écrivain, traducteur).
Jeudi 13 avril 2017
À partir de 14h30
Centre d'études diocésain Les Glycines
5 chemin Slimane Hocine 16000 Alger
T. 021 23 94 85
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Né en 1974 à Alger où il vit, SAMIR KACIMI a suivi des études de droit et a été avocat puis a travaillé dans la presse. Il est l’auteur de sept romans, parmi lesquels “Yawm ra’i lil mawt” sélectionné en 2010 pour l’International Prize for Arab Fiction. "L'amour au tournant" ("Hubb fî kharîf mâ’il") est son premier roman à être traduit vers le français. Il paraît simultanément aux éditions du Seuil et aux éditions barzakh en avril 2017.
En décembre 2016 Samir Kacimi a reçu le prix Assia Djebar pour son roman “Kitâb el mâchâ”.
Né en 1970 à Alger où il a effectué ses études universitaires, AMARA LAKHOUS s’installe à Rome en 1995 et y demeurera plus de 20 ans. Il vit actuellement à New York. Journaliste, anthropologue et romancier bilingue (arabe et italien), il est l'auteur de cinq romans dont Choc des civilisations pour un ascenseur Piazza Vittorio, d’abord écrit en arabe, réécrit en italien, édité en Italie en 2006, puis traduit vers le français en 2008 (Actes Sud/Barzakh) et qui a eu un grand succès et a été couronné de plusieurs prix.
Amara Lakhous a reçu le prix du Salon international du livre d’Alger en 2008.

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المركز الاسقفي للدراسات و الابحاث – القليسين
ومنشورات البرزخ

يدعونكم للحضور الى حوار بين الكاتبين

 

سمير قسيمي و عمارة لخوص


روائيين من نفس الجيل و لهما مسار فريد من نوعه
.

جددا المشهد الأدبي الجزائري خلال السنوات العشر الأخيرة.


ينشط اللقاء الأستاذ محمد ساري (كاتب ومترجم)

 

يوم الخميس 13 أفريل 2017

إبتدأ من الساعة 14

 

المركز الاسقفي للدراسات و الابحاث –القليسين

5، نهج سليمان حسين الجزائر العاصمة

الهاتف : 021.239485

 

ولد سمير قسيمي في الجزائر العاصمة عام 1974. حصل على بكالوريوس في الحقوق وتخرّج محامياً.

يعمل حالياً محرراً ثقافياً. نشر سبعة روايات، منها تصريح بالضياع (2010) التي نالت الجائزة الدولية للرواية العربية International Prize for Arab Fiction وكتاب الماشاء (2016) التي نالت جائزة آسيا جبار. تعد روايته الثانية يوم رائع للموت أول رواية جزائرية تتمكن من بلوغ القائمة الطويلة للجائزة العالمية للرواية العربية في 2010.

تترجم أعماله حاليا إلى عدة لغات : الفرنسية، الإيطالية، الإنجليزية والألمانية. تصدر حب في خريف مائل في ترجمة فرنسية في دار لوسوي (Le Seuil ومنشورات البرزخ).

 

عمارة لخوص من مواليد الجزائر العاصمة عام 1970 تخرج من معهد الفلسفة بجامعة الجزائر. هاجر الى ايطاليا عام 1995 و اقام في روما و تورينو الى غاية عام 2014 و هو مقيم حاليا في نيويورك. صحفي انثروبولوجي و كاتب باللغتين العربية و الايطالية نشر خمس روايات منها روايته الثانية كيف ترضع من الذئبة دون ان تعضك في الجزائر عام 2003. اعاد كتابتها بالايطالية و صدرت عام 2006 بعنوان صدام الحضارات حول مصعد في ساحة فيتوريو حيث نالت نجاحا كبيرا في ايطاليا و خارجها كما تم تحويلها الى فيلم سينيمائي من اخراج ايزوتاتوزو.

حاز على جائزة فلايانو الادبية الدولية عام 2006 اضافة الى جائزة المكتبيين الجزائريين عام 2008.


 

Sartre et l’Algérie
Trajectoire d'un intellectuel dans les guerres et les décolonisations du XX° siècle

Annie Cohen-Solal
ENS - Laboratoire TransferS

Mercredi 18 mai 2016
18h00

Tout au long de sa trajectoire, de 1924 à 1980, Sartre a été marqué par les guerres du XX° siècle de manière décisive, plus particulièrement par la guerre d’Algérie. Il a proposé, par ses textes, ses voyages, ses prises de position politiques, l'élaboration de nouvelles configurations géopolitiques qui sont la marque de son statut d’intellectuel engagé. Mais comment s’inscrit la trajectoire de Sartre dans les guerres du XX° siècle et dans les ruptures qu’elles ont engagées?

On reviendra également sur les différentes phases historiques de l’engagement sartrien auprès des militants dans les luttes de décolonisation, notamment au cours de la guerre d’Algérie. Mais comment évaluer, aujourd’hui, la portée de son action, de son soutien aux mouvements de décolonisation et, plus généralement, la place de sa pensée dans les études post-coloniales?


Annie Cohen-Solal est née à Alger. Docteur ès lettres, professeur des universités, ancien conseiller culturel de l’ambassade de France aux Etats-Unis, elle a été conseiller spécial et commissaire générale de l’exposition Magiciens de la terre 2014 au Centre Pompidou. Après sa thèse sur Paul Nizan (Grasset, 1980), elle a été contactée par l’éditeur André Schiffrin de Pantheon Books (New York) pour entreprendre la première biographie de Jean-Paul Sartre (Gallimard, 1985) qui a été traduite en près de 20 langues et a été suivie d’autres ouvrages sur le philosophe ainsi que très nombreuses conférences dans le monde entier. Depuis 2000, elle a consacré plusieurs livres, articles et émissions radiophoniques à l’histoire sociale de l’artiste américain, parmi lesquels : ‘Un jour, ils auront des peintres’, l’avènement des peintres américains : Paris 1867-New York 1948 (Gallimard, 2000) prix Bernier de l’Académie des Beaux-Arts ; Leo Castelli & les siens (Gallimard, 2009) prix Artcurial du meilleur livre d’art contemporain ; Mark Rothko (Actes Sud, 2014) ; New York 1945-65, avec Paul Goldberger et Robert Gottlieb (Hazan, 2014) ; Magiciens de la terre retour sur une exposition légendaire, avec Jean-Hubert Martin (éditions du Centre Pompidou et Xavier Barral, 2014), autant de livres commandés par les éditeurs américains et traduits à l’étranger. Elle vient de signer pour la fondation Maeght à Saint Paul de Vence l’essai du catalogue de l’exposition sur l’artiste Christo (été 2016). Avec l’historien Jeremy Adelman (de Princeton University), elle est co-directrice d’un groupe de chercheurs à Stanford University, sur le thème « Crossing Boundaries ».


 

Charles de Foucauld
un savant inquiet


Dominique Casajus
CNRS

Jeudi 14 avril 2016
18h00

La conférence évoquera les circonstances dans lesquelles Charles de Foucauld a élaboré lors de son séjour chez les Touaregs une œuvre linguistique dont il ne prévoyait pas qu’elle l’occuperait plusieurs heures par jour jusqu’à la fin de sa vie. On soulignera l’importance que cette œuvre revêt aujourd’hui encore pour tous ceux qui s’intéressent à la langue et à la culture des Touaregs, et on parlera des problèmes de conscience que ce travail a posés à Charles de Foucauld, lui dont l’intention au départ était simplement de mener une vie de prière solitaire et retirée, et non pas une vie de savant.


Dominique Casajus est directeur de recherche au CNRS. Il a consacré plusieurs ouvrages à la littérature et à la culture des Touaregs (le dernier en date étant L’alphabet touareg. Histoire d’un vieil alphabet africain, CNRS Editions, 2015) et a évoqué la vie de Charles de Foucauld parmi les Touaregs dans un ouvrage paru en 2009 Charles de Foucauld moine et savant (CNRS Editions).


 

De Tlemcen à Tombouctou
La Médersa en Algérie et en Afrique occidentale 1850-1950


Samuel Anderson
Université de Californie - Los Angeles

Jeudi 25 février 2016
18h00

Entre 1850 et 1950, l'administration française en Algérie soutenait à Alger, à Constantine et à Tlemcen trois Médersas officielles délivrant un enseignement dit "franco-musulman" dont le but était de former des Algériens aux fonctions de cadi, d'imam et de mouderrès. Les medérsiens, étudiants des Médersas, constituaient un groupe particulier de l'élite colonisée par le fait même qu'ils recevaient une instruction dans une "double culture".

L'institution de la Médersa française a été introduite également dans les pays musulmans de l'Afrique occidentale colonisés par la France - Sénégal, Soudan français et Mauritanie, et s'y est développée de manière différente.

En apportant un éclairage renouvelé sur les histoires croisées des Médersas et des medérsiens en Algérie et en Afrique occidentale, la conférence interrogera le concept de Médersa et son projet de "domestication" de l'islam algérien et ouest-africain.

Samuel Anderson est doctorant en histoire africaine à l'Université de Californie à Los Angeles, UCLA. Depuis 2013, il poursuit ses recherches dans les archives et bibliothèques en Algérie, en France, au Sénégal et en Mauritanie.


 

Hommage au poète et écrivain 
 
Malek Alloula
(1937-2015)

SAMEDI 20 FÉVRIER 2016

Centre d’études diocésain les Glycines

05, chemin Slimane Hocine 16000 Alger

15h-18h

Ouverture

Projection d’un court film documentaire : Malek ALLOULA (Berlin, 2014, 5mn)


Poétique de la langue fantôme

     Naget Khadda (universitaire)

     Yamna Chadli Abdelkader (universitaire)

     Ismail Abdoun (universitaire et poète)


L’homme dionysiaque

Véronique Lejeune (compagne de Malek Alloula)

     Nourredine Saadi (écrivain)

     Sofiane Hadjadj (éditeur)

     Sid-Ahmed Semiane (écrivain, journaliste)


Empreintes

Amin Khan (poète)

     Fodhil Belloul (poète, journaliste)


Lectures
Modération : Youssef Saiah


 

Les monnaies  préromaines
de l’Afrique antique


Amel Soltani
Musée National des Antiquités

Jeudi 18 février 2016
18h00

 

Le monnayage préromain de l’Afrique du Nord est le résultat d’un demi-millénaire de production monétaire sur la terre d’Afrique. Il est le fait des grandes civilisations africaines, Carthage tout d’abord, puis la Numidie et la Maurétanie au moment où les rois et les cités berbères commencent à frapper monnaie.

Ces monnayages sont apparus vers 400 av. J.-C. à Carthage et se sont développés ensuite à partir de la deuxième guerre punique (vers 213 av. J.-C.) dans les royaumes berbères numides puis maurétaniens, jusqu’à l’annexion romaine du royaume numide soit 46 av. J.-C. et celle de la Maurétanie et en 40-41 ap. J.-C..

Les monnaies étaient un lieu de rencontre entre punicité, africanité et hellénisme sans compter les influences égyptiennes. Le monnayage africain témoigne ainsi de la rencontre puis de la fusion partielle de la civilisation punique avec les acteurs du jeu africain, les aristocraties citadines tribales berbères.


 

L’oeuvre de l’architecte
Gyoji Banshoya au Maghreb
et au Moyen-Orient



Kôsuke Matsubara
Université de Tsukuba - Japon


Jeudi 11 février 2016
18h00

Après avoir suivi le séminaire de l’architecte Seike Kiyoshi à l’Institut de Technologie de Tokyo (ITT), Gyoji Banshoya(1930-1998), architecte japonais, s'est formé à Paris au sein de l’Atelier des Bâtisseur (ATBAT) fondé en 1945 par Vladimir Bodiansky, Le Corbusier et Jacques-Louis Lefebvre.

Gyoji Banshoya a travaillé tout au long de sa carrière en pays francophones : Algérie, Cambodge, Syrie et Liban. Malgré des travaux remarquables dont l'élaboration des plans directeurs de Beyrouth, Damas et Alep en collaboration avec Michel Ecochard et sa contribution à l’Agence du Plan d'Alger, son œuvre demeure méconnue des historiens de l'architecture moderne.

Cette présentation a donc pour objectif d'éclairer la biographie de Banshoya en rassemblant et présentant ses ouvrages architecturaux et urbanistiques. Dans cet objectif, j’ai l’intention de resituer ses œuvres dans l’histoire de l'urbanisme. Ma recherche apporte une contribution substantielle aux travaux antérieurs menés sur la modernisation des villes du Maghreb et du Moyen-Orient après les indépendances. Ma méthode est celle de la chronique : les documents d’urbanisme sont analysés sur la base du discours de Banshoya lui-même, de ses collègues et de sa famille tout en se référant aux études d'histoire de l'architecture.

Professeur associé de l’Université de Tsukuba, Kôsuke Matsubara est docteur en histoire de l’urbanisme du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord (Université Keio). Après avoir étudié à l’université Al Akhawayn à Ifrane, au Maroc, il a poursuivi ses études comme chercheur au Centre Japonais pour la Coopération Scientifique à l’université d’Alep, puis comme chercheur-boursier du gouvernement français à IPRAUS (Institut Parisien de Recherche : Architecture, Urbanistique, Sociétés) et comme chercheur à l’Institut de Recherche en Langues et Civilisations d’Afrique et d’Asie. Son article, "Gyoji Banshoya (1930–1998): a Japanese planner devoted to historic cities in the Middle East and North Africa" a été publié dans Planning Perspectives en octobre 2015.
(DOI:10.1080/02665433.2015.1073610).
http://www.tandfonline.com/doi/abs/10.1080/02665433.2015.1073610


Djalâl al-Dîn Rûmî (604/1207 - 672/1073) est un mystique persan qui a profondément influencé le soufisme. Il reçut très tôt le titre de Mawlānā, «notre maître», et il est intimement lié à l'ordre des derviches tourneurs ou Mewlewi, l'une des principales confréries soufies de l'islam qu'il fonda dans la ville de Konya en Turquie.Son œuvre est fortement inspirée par sa rencontre avec Shams ed Dîn Tabrîzî dont il fera l'auteur de l'un de ses ouvrages, le Diwân. Rûmî a également repris à son compte les fables d'Ésope dans son principal ouvrage le Mathnawî. Reconnu de son vivant comme un saint et comme un grand spirituel, il aimait à fréquenter les chrétiens et les juifs tout autant que les musulmans.

Poète soufi inégalé de l’amour universel qui transcende les différences et réconcilie l’homme avec l’humain, Rûmî appartient à l'école de la religion de l’amour. Ses thèmes intemporels sont d’une grande actualité.

Sari-Ali Hikmet est médecin et docteur en littérature. Maitre de conférence en littérature comparée à l'Université de Tlemcen, il est l'auteur de romans initiatiques et romans historiques sur la Révolution algérienne. Il a publié La zaouia de Sidi Boumediène (Kounouz éditions, 2019), L'énigme de l'expérience créatrice dans l'Aube Ismaël - louange de Mohammed Dib (Editions Anwar el Maarifa, 2012), Anthologie des Mawâqif de l'Emir Abdelkader, le soufi de l'écriture (Editions Art Graphique moderne, 2013). Il a récemment traduit et publié Diwan de Sidi Boumediène, poète de l'amour absolu, anthologie (Editions Hélium, 2014) et Quatrains de Djallal ed-Dîne Rûmî, poète de l'amour universel (Editions Hélium, 2015). Sari-Ali Hikmet est cofondateur de l’Union nationale des zaouïas d’Algérie et président du conseil scientifique de la Fondation de l'Emir Abdelkader.

Illustration: ERIK VILET, from Rending the Veil


الفن في الممارسة الصوفية الزاوية المختارية الرحمانية بأولاد جلال أنموذجا

خالد محمد
المركز الوطني للبحوث في ما قبل التاريخ و الأنثروبولوجيا و التاريخ

الثلاثاء 12 جانفي 2016
18:00

Pratiques soufies

et création artistique
La Zaouïa el-Mokhtariya el-Rahmaniya d'Ouled Djellal

Khaled Mohamed
CNRPAH

Mardi 12 janvier 2016
18h00

سيتركز الاهتمام في هذه المداخلة على فعاليات النشاط الفني، في الممارسات الدينية الشعبية، الذي تحتضنه المؤسسة الطرقية، أو تؤطره خارجها عبر زواياها. بهدف معرفة مدى الفعالية الاجتماعية التي يمثلها النشــــاط الفني في الممارسة الصوفية الذي عرف تحولا جذريا على المستويين الاصطلاحي والوظيفي، حيــــث احتـــــل مصطلح الحضرة الذي تغير مدلوله مكان مصطلح السماع الصوفي الشهير وعوض مصطلـــح القوال (المغني) بمصطلح القصاد(م:قصادين) أو الخوني(م:أخوان).ا

أما من الجانب الوظيفي فقد تحول هذا النشاط من عنصر أساسي في بنية المؤسسة الصوفية، إلى نشاط فني اجتماعي يؤدي دورا رئيسيا في الحياة الثقافية، متخلية بذلك عن كل الوظائف التي كانت تؤدها في السابق، والمتمثلة في الوظائف التربوية، والاقتصادية ـ السياسية، والاجتماعية ،إضافة إلى الوظيفة الدينية التي كانت تقوم بها تقليديا منذ أمد بعيد في المجتمع. بعد تكفله بهذه الوظائف، ابتداء من ثلاثينات القرن الماضي، ثم توسعت بعد الاستقلال

لقد جسد النشاط الفني في الممارسة الدينية الصوفية شكلا من المعرفة الجمالية التي تعمق تقاطع المعرفة الصوفية مع المعرفة الفنية، حيث أن كلتاهما معرفة مطلقة أداتها القلب، كونها معرفة جمالية حسية تتجلى في الانتشاء الذي يتملك الإنسان، الذي يكتسب هذه المعرفة، بالحدس والإلهام والحلم ولإشراق والرؤيا والذوق. فهي معرفة ذوقية روحية تعمق رؤيتنا نحو ذواتنا ونحو الآخرين والكون. ذلك لأن الفن وجد منذ البدء بوصفه دينا متزامنا مع الأديان الأخرى، ومن ثم فمن البيّن أنه لا يمكن أن يكون هناك تضاد جوهري بينهما، فالفن الأصيل والدين الأصيل مظهران لروح واحدة، و تورّط الدين في الدوغما هو الذي أبقي العالم لا دينيا في ظاهره، ولكن رغم أن مئال كل دين أن تعترضه الدوغما، فهناك واحد اكثر من غيره ينفضها عنه دون عناء. ذلك الدين هو الفن، إنه تعبير عن وسيلة إلى حالات ذهنية لا تقل عن أية حالات ذهنية يمكن للبشر أن يخبروها دينيا [1]1

ولطغيان الجانب العملي التطبيقي في الممارسة الصوفية الحديثة والمعاصرة على حساب الجانب النظري مــــن التصوف الإسلامي، فقد أخذ النشاط الفني الذي كان يطلق عليه قديما مصطلح السماع أصبح يعرف حديــــثا بالحضرة مكان الصدارة، وقد شكل قاعدة انطلاق لممارسة فنية نهضوية على امتداد القرن20حيث كان أبرز رموز النهضة الفنية في الغناء والموسيقى في الوطن العربي من المنشدين في الطرق الصوفية، أو ممن تربوا على استهلاك إنتاجها الفني والذي مازال إنتاجه متواصلا حتى وقتنا الحاضر من قبل الفرق الفنية المشكلة من اتباع الطرق الصوفية التي تنشط في المناسبات الدينية ولاجتماعية. وهذا النشاط يمثل في الحقيقة امتدادا للدور الذي أدته المؤسسة الطرقية الصوفية قديما في تلبية حاجة وإشباع رغبة المجتمع فنيا، بسبب انعزال الفن في قصور الحكام والأغنياء الذين احتكروه لأنفسهم على حساب بقية أفراد المجتمع, وحديثا في القاعات الفخمة والفنادق الأمر الذي حرم أغلبية المجتمع من المتعة الفنية بسبب عدم قدرتهم ماديا على ولوج هذه الأماكن. لقد ملئت هذه الفرق الفنية هذا الفراغ الجمالي الروحي, مما حول السماع الصوفي من كونه جزء من الممارسة الصوفية، إلى ممارسة ثقافية اجتماعية تحولت مع مرور الزمن إلى فلكلور شعبي


خالد محمد مكلف بالبحث بالمركز الوطني للبحوث في ما قبل التاريخ و الأنثروبولوجيا و التاريخ و يهتم بالممارسات الشعبية الدينية و التقاليد الشفهية. بحثه الراهن يعالج فيه علاقة الممارسة الصوفية بالظاهرة العمرانية. صدرت له مجموعة من الأعمال العلمية من بينها:

 


"الصوفي والفقيه في رحلة عبور الصحراء مجلة التبيين الجاحظية العدد 34 الجزائر 2010 م
"التجربة الصوفية للمرأة : تاريخ ومعاني أعمال الملتقى الدولي الثالث للتصوف C N R P A H الجزائر 2012 م
"التنظيم في المؤسسة الطرقية : الزاوية المختارية بأولاد جلال أنموذج الطائفة الطائفية النزعة ألطائفية مجلة نقد العدد 32 الجزائر خريف 2015 م
"الطرق الصوفية وانتقال الطبوع الفنية": النوبة بصمات الماضي وآفاق المستقبل أعمال الملتقى الدولي انثروبولوجيا وموسيقى، C N R P A H الجزائر 2015 م

 


 


1] كلايف بل الفن ترجمة عادل مصطفى دار النهضة العربية بيروت 2001 ص ص 183/184]


 

La Statue équestre
du duc d’Orléans, entre Paris et Alger

Commémorer la conquête de l’Algérie en colonie et en métropole

 

Jennifer Sessions
University of Iowa

Jeudi 7 janvier 2016
18h00

Icône d’Alger colonisée, la statue équestre du duc d’Orléans trônait sur l’ancienne Place du Gouvernement de 1845 jusqu’à la veille de l’indépendance en 1962. Érigée à l’initiative des élites européennes de la colonie naissante, le bronze représente Ferdinand-Philippe, prince royal de France, fils aîné du roi des Français Louis-Philippe, mort dans un accident de voiture en 1842 après avoir participé à plusieurs campagnes de l'armée d'Afrique en Algérie pendant les années 30. Le monument, œuvre du sculpteur franco-italien Carlo Marochetti, commémore en même temps l’héritier du trône français et la conquête française de l’Algérie. Devenue un point de repère des Algérois pendant la période coloniale, la statue subit le même sort que la colonie dont elle commémore la conquête, lors de la décolonisation de l’Algérie. En 1962, tout comme beaucoup d’autres monuments coloniaux, elle est déboulonnée et ramenée en France. Oubliée pendant vingt ans dans un hangar militaire par la municipalité de Neuilly-sur-Seine, banlieue chic de Paris qui hébergeait au XIXè siècle le château de Louis-Philippe et de la famille d’Orléans, vient enfin l'heure de sa renaissance. Erigée sur une place de Neuilly, elle devient, comme d’autres monuments “rapatriés”, un lieu de mémoire pour certains pieds-noirs ainsi que le symbole des liens historiques entre la ville et l’ancienne famille royale.

Le parcours de la statue équestre du duc d’Orléans de Paris à Alger puis d'Alger à Paris, se situe donc au croisement des histoires coloniales et métropolitaines, celle du processus du peuplement européen en Algérie et celle de la vie politique de la France contemporaine. Suivre ses méandres permet de tracer une histoire croisée de la commémoration de la conquête de l’Algérie et de ses transformations entre colonie et métropole, depuis la période coloniale jusqu’au présent postcolonial.


Jennifer Sessions
est historienne. Professeur associé à l’Université d’Iowa et résidente en 2015-2016 à l’Institut d’Études Avancées de Paris, ses travaux portent sur la colonisation française en Algérie et le rôle de l’empire colonial dans l’histoire de la France au XIXe siècle. Elle a publié notamment By Sword and Plow: France and the Conquest of Algeria, Cornell University Press, 2011 et un numéro spécial de la revue French Politics, Culture and Society, "The Politics of Empire in Post-Revolutionary France", co-dirigé avec le Professeur Naomi Andrews et, consacré aux colonies françaises pendant la période post-révolutionnaire. Elle est l'auteur d'autres articles et chapitres d’ouvrages collectifs : http://clas.uiowa.edu/history/people/jennifer-sessions


 

Production du sel solaire
chez les saliniers de Feraoun - Béjaïa


Farida Bakouri
Archéologue

Lundi 21 décembre 2015
18h00


La caractéristique principale de l’économie en Kabylie est la mise en valeur du sol. Du fait que celui-ci est pauvre, les paysans de cette région ont développé des stratégies leur permettant d’assurer une diversification des ressources en dehors de l’arboriculture, l’agro-pastoralisme et le jardinage.

Souvent dans les villages de montagne, des opportunités se présentent grâce à la présence d’une ressource permettant une production agricole qu’on peut qualifier de non conventionnelle, à l’exemple de l’activité salicole dont il est question dans ce travail.

La saliculture a été possible en raison de l’existence de sources d’eau salée résurgentes dans deux villages, Ichekabène et Ait Ounir de la tribu des Ihedjajdène, relevant de la commune de Feraoun, situées au sud de la wilaya de Béjaïa. Les Imellahène, une communauté réunissant trois villages ont en fait leur spécialité, d’ailleurs le nom par lequel ils sont désignés à l’échelle régionale signifie « les producteurs de sel, ou saliniers ».


C’est de cette filière qu’il sera question. Ses aspects techniques et son cadre d’intervention spatial et temporel saisonnier seront abordés ; on suivra son déroulement telle qu’elle est conduite par ses agents, « les agriculteurs du sel - ifelahène e lemlèh ».


La relance de la production saisonnière est soutenue par deux dispositifs tant festifs qu’organisationnels, à savoir la thiwizi et l’ouzi3a, des mécanismes incontournables que la communauté sollicite en prévision de la conduite de toute œuvre collective en Kabylie, actionnant l’entraide et le partage collectif, sans déroger à l’obligation de référer à la protection des saints locaux.


L’activité est pénible et sollicite la force physique. En parallèle le matériel technique utilisé est rudimentaire, façonné localement par les artisans vanniers, les techniques de production sont toutes aussi élémentaires. Le sel issu de la saumure est tributaire des éléments atmosphériques (soleil et énergie éolienne) nécessaires à l’évaporation, la matière première exposée au soleil se concentre dans des bassins de décantation puis précipite lors d’un processus d’une durée de trois jours, les cristaux de sel se forment et sont levés en tant que produit prêt à la consommation; immédiatement la récolte suivante est lancée de la même façon: en déversant de la saumure puisée du bassin réservoir dans les cristallisoirs.

Farida Bakouri, archéologue de formation, occupe le poste de Conservateur du patrimoine culturel au Musée National du Bardo d’Alger. Elle est chargée des collections ethnographiques du monde rural et saharien.

Illustration : Tas de sel – a3eramu- après la récolte sur la saline de Ait Ounir. Photo services de l’APC de Feraoun; wilaya de Béjaïa. 2011.


 

Le roman algérien contemporain
Réflexions autour d’une algérianité littéraire

Lynda-Nawel Tebbani
Universités Lyon 2 et Paris Sorbonne

Mercredi 16 décembre 2015
18h00

La littérature algérienne, toutes langues confondues, est aujourd’hui reconnue pour sa richesse, sa diversité et son étendue dans et hors les frontières nationales. Grâce à la diffusion des textes et à la présence d’un champ éditorial varié (Chihab, Barzakh, Enag, etc… ; et les publications à l’étranger), la littérature algérienne et son roman, sont, existent et demeurent. Les travaux à son sujet sont légions et porteurs de réflexions fécondes. Ses écrivains connus et reconnus. Les auteurs algériens des années 90 et 2000 sont à travers le legs des figures tutélaires, dans une nouvelle quête d’écriture et de légitimation. Il ne s’agit plus comme dans les décades précédentes de rendre compte d’une aliénation hybride ou d’un égo scripteur par l’écriture diglossique, mais de trouver art dans la forme et la complexité, l’agencement et le plan possible du texte et de sa poéticité. L’enjeu testamentaire - connu par le biais de la littérature d’urgence – est, dorénavant, désactivé au profit de la quête de sens et de la création poétique pure. La volonté créatrice tend à montrer que la poétique se meut dans la quête de forme et devient ainsi, une quête d’identité générique. La question identitaire n’induit plus la question de langue ou la question de forme, elle est une création scripturaire qui se veut mobile et nomade.

Cependant, au-delà d’une présentation exhaustive, il demeure important de se demander ce que l’on entend, aujourd’hui, concrètement, par roman algérien ? Qu’évoque la nomination Algérie dans un texte du genre romanesque ? S’agit-il d’un élément de référencialité, de repère topique, d’un trope poétique ? Il s’agit de réfléchir la littérarité algérienne ou plutôt l’algérianité littéraire afin de démontrer que la problématique identificatoire ne tient pas tant à ce que le roman représente le réel et les échafauds politiques intrinsèques mais en la création poétique qui vient, non proposer, mais élaborer des utopies algériennes et ainsi, à faire de l’Algérie non plus un document mais un monument.

Lynda-Nawel TEBBANI est doctorante en Lettres aux Universités de Lyon 2 et Paris Sorbonne sous les directions de Bruno Gelas et feu Georges Molinié. Elle est également professeur de Lettres dans un lycée privé en Ile-de-France.

Elle a été invitée à l’Université de Blida Ali Lounici pour animer des séminaires de littérature et de méthodologie. Membre associée au CRASC dans l’équipe de Madame la Professeur Faouzia Bendjelid, elle a dans le cadre du projet « Réceptions critiques du roman algérien contemporain » co-organisé des journées d’études, un colloque international qui se déroulera en mars 2016, à Oran et préparer des publications d’actes et une anthologie, bientôt publiées aux éditions du CRASC.

Elle a participé à de nombreux colloques, conférences, séminaires et tables rondes en Algérie dans le cadre de sa collaboration avec le CRASC et invitée par le CNRPAH dans le cadre de son sixième colloque annuel à Constantine ; et à l’étranger, notamment à La Sorbonne, l’EHESS et l’ENS de Lyon.

Elle a publié plusieurs articles dont : « La nouvelle littérature algérienne ou le procédé poétique de l'altérité, passer de l'écriture de l'Autre à l'écrire autrement », in. La littérature africaine francophone Mesures d'une présence au monde, Sous la direction de Abdoulaye Imorou, Editions Universitaire de Dijon, Collections Ecritures, 2014, pp.61-73 ; et les Notices « El Mahdi Acherchour », « Sadek Aissat » et « Mourad Djebel » dans le Dictionnaire des écrivains algériens de langure française, 1990-2010, Sous la direction de Amina Azza Bekkat, Amrani Hatem, Bouanane Soumeya, Bouzenada Leila, Kouider Rabah Sarah, Mouloudj Rim, Zeharaoui Meriem ; et, « Le nouveau roman algérien : une réinscription de la thèse de Khatibi » dans The Contemporary Roman Maghrébin: Aesthetics, Politics, Production 2000-2015, sous la direction de Roger Célestin, Patrick Crowley, Eliane DalMolin, Megan MacDonald. Elle a préfacé le roman de Sarah Haidar, Virgules en trombes, publié aux éditions Apic, à Alger.


 

Ma rencontre avec Mohand Tazerout
Itinéraire d’un intellectuel algérien

Jacques Fournier
Ecrivain

Mardi 1 décembre 2015
18h00

Jacques Fournier commencera par évoquer l’itinéraire qui l’a conduit à rencontrer Mohand Tazerout, dont il a épousé la fille et qu’il a bien connu depuis la fin des années 1940 jusqu’à son décès en 1973.A partir de ce lien familial, des échanges qu’il a eus avec lui et des recherches auxquelles il a procédé, il se propose d’évoquer la vie et l’œuvre de Mohand Tazerout, en insistant sur certains aspects controversés ou méconnus :


- L’enfance et la première formation en Algérie, avec la légende d’un voyage autour du monde qui n’a pas eu lieu et l’engagement dans la guerre de 14 ;

- L’intégration durable dans la société française par son mariage avec une institutrice vendéenne et l’exercice de son métier de professeur d’allemand;

- l’œuvre considérable du germaniste, de l’encyclopédiste, de l’intellectuel qui va s’engager à la fin de sa vie dans le conflit algérien ;

- l’évolution de sa vision des rapports de l’Algérie avec la France qui se reflète dans les écrits de la dernière période ;

- son retour vers le Maghreb et sa retraite à Tanger ;

- la redécouverte de son œuvre dans l’Algérie contemporaine.

Jacques Fournier a passé sa jeunesse et fait ses études en Algérie. Ancien élève de l’ENA, il est conseiller d’Etat honoraire. Il a été conseiller juridique de l’Ambassade de France au Maroc (1961-1964). Il deviendra par la suite, entre 1981 et 1994, secrétaire général adjoint de la Présidence de la République française, puis secrétaire général du gouvernement et enfin président de deux grandes entreprises publiques, le GDF et la SNCF.

Il a eu depuis lors diverses activités de coopération notamment en Europe de l’Est et en Palestine. Il est l’auteur de plusieurs livres dont : Itinéraire d’un fonctionnaire engagé, Dalloz, 2008 ; L'Économie des besoins, Odile Jacob, 2013 ; L'Algérie retrouvée 1929-2014, éditions Bouchène, 2014, Média Plus, 2015.

C’est dans ce dernier livre qu’il consacre un chapitre à la vie et à l’œuvre de Mohand Tazerout. ( chapitre III, Alliance kabyle).

Mohand Tazerout (1893-1973) est un philosophe, écrivain, traducteur et civilisationniste algérien. Auteur de nombreux essais, il a traduit plusieurs œuvres de philosophes allemands dont Le déclin de l'Occident : Esquisse d'une morphologie de l'histoire universelle d'Oswald Spengler en 1933 et l'Histoire des peuples et des États islamiques depuis les origines jusqu'à nos jours de Carl Brockelmann en 1949.

Natif de Kabylie, il fait ses études à l’École Normale de Bouzareah à Alger. Ayant achevé sa formation d'instituteur en 1942, Mohand Tazerout est nommé à l'école de Thenia. En 1912, il quitte l'Algérie pour le Caire et entame une formation à l'Université d'al-Azhar. En 1913, il part pour l'Iran où il apprend le perse.Il poursuit en 1914 son itinéraire vers la Russie où il s'initie au russe, puis séjourne en Chine et étudie le mandarin. Mohand Tazerout est mobilisé dans les Tirailleurs Algériens en 1917 en Belgique. Au lendemain de la guerre, il reprend ses études à Poitiers et prépare une licence d'allemand à l'Université de Strasbourg. De retour en Algérie en 1953, il visite Biskra, Ghardaïa et repart pour Tunis. Il meurt à Tanger en 1973. (Source : Jean Déjeux, Dictionnaire des auteurs maghrébins de langue française, Karthala, 1984)


 

Le système éducatif algérien Problématiques récurrentes et interventionnisme étatique

Mustapha Haddab
Université d’Alger


Mardi 24 novembre 2015
18h00

La politique éducative suivie en Algérie depuis l’indépendance est le produit de facteurs multiples ; certains d’entre eux sont d’ordre morphologique (démographie, mouvements de population, extension du réseau d’établissements, etc.), d’autres relèvent d’orientations politiques et idéologiques fondamentales ( démocratisation de l’enseignement, substitution de l’arabe au français, formation islamique , attachement au principe de la diffusion du savoir scientifique comme facteur de développement, …) ou du principe de la gestion centralisée du travail pédagogique. Les thèmes qui seront développés porteront sur quelques uns des aspects de l’évolution de cette politique à savoir, la formation des enseignants, le processus d’arabisation des enseignements, et l’intervention de l’Etat dans le domaine des méthodes pédagogiques. Nous évoquerons également différents modes d’articulation de ces dimensions de la politique éducative avec l’environnement socio-anthropologique de l’Ecole.

Professeur à l’Université d’Alger, Mustapha Haddab a donné des enseignements, de philosophie, puis de psychologie sociale, de psychologie cognitive et de sociologie de l’éducation et de la culture ; il a appartenu à plusieurs organismes de recherche comme le CREAD, l’INRE, et l’INESG. Il est l’auteur de plusieurs travaux comme , Education et changements socioculturels , les moniteurs de l’enseignement élémentaire en Algérie » Alger OPU, 1979, « L’univers culturel des jeunes ruraux scolarisés », in Les jeunes ruraux et l’école , mythes et réalités Alger CREA, 1982, « Types d’intellectuels en Algérie, problèmes de classification et de méthode », in Elites et questions identitaires, Réflexions, 1, Alger 1997, « Les évolutions de la formation et du statut social des ingénieurs dans l’Algérie indépendante, in Eric Gobe (dir.), Les ingénieurs maghrébins dans le système de formation, IRMC. Tunis 2001. Plusieurs des articles de Haddab Mustapha ont été regroupés dans un ouvrage intitulé Dimensions du champ éducatif algérien, Analyses et évaluations, Alger, Editions Arak 2014.

Illustration : d’après la couverture de Nedjma. Extraits, Kateb Yacine, Alger, Institut National Pédagogique, 1971.


 

Faire des sciences humaines et sociales dans le Liban en guerre (1975-1990)
Un métier dans la tourmente, des savoirs en conflit

Candice Raymond
IREMAM, Aix-en-Provence

Dimanche 8 novembre 2015
18h00

De nombreux travaux scientifiques ont été publiés sur l’histoire des rapports entre la France et le Maghreb. Mais peu d’initiatives ont entrepris de synthétiser ces savoirs pour les rendre accessibles à un large public, notamment scolaire. Le projet de Musée de l’Histoire de la France et de l’Algérie (MHFA) à Montpellier avait précisément pour objet d’instaurer une passerelle entre les recherches universitaires les plus récentes et le grand public. Réorientant un projet tourné initialement vers les attentes mémorielles des Français d’Algérie, il avait réussi à mobiliser plusieurs dizaines de chercheurs français et algériens pour tenter de proposer un parcours commun dans l’histoire des rapports entre les deux pays et les deux sociétés. Il s’agissait moins de confronter des mémoires antagonistes que de proposer aux porteurs de celles-ci le détour par un devoir d’histoire. Cette équipe avait aussi préparé des expositions temporaires qui étaient appelées à circuler de part et d’autre de la Méditerranée.

Mais en juin 2014, à quelques mois de l’ouverture du musée, le nouveau maire de Montpellier a décidé brutalement et sans concertation d’arrêter le projet, sous la pression notamment des associations algérianistes. Quelles qu’en soient les véritables raisons, une telle décision témoigne de la difficulté persistante – à l’échelle politique locale en particulier – à assumer l’histoire croisée de la France et du Maghreb. En même temps, les nombreuses réactions suscitées par l’abandon du projet au sein des institutions universitaires et culturelles et dans l’opinion ont aussi permis de vérifier l’intérêt et la légitimité de la démarche qui avait été entreprise.

Jean-Robert Henry a étudié et enseigné à Alger De 1963 à 1977, avant de poursuivre sa carrière au CNRS, à Aix en Provence. Commissaire en 2003 d’une exposition sur L’Algérie et la France, qui a circulé entre les deux pays à l’occasion de L’Année de L’Algérie en France, il a été sollicité en 2012 pour présider le Comité scientifique du projet de musée de Montpellier. C’est à partir de son expérience qu’il propose une réflexion sur les circonstances et les leçons de l’abandon de cet ambitieux projet.