Dialogue et conversion. Augustin face aux vertus de la Rome païenne et aux richesses de la culture classique dans la " Cité de Dieu"

Paul Mattei, professeur émérite de langue et littérature latines à l'Université Lumière – Lyon II

 

Résumé :

 

À la suite du sac de Rome par les Wisigoths (24 août 410), devant les récriminations des païens contre l’Empire chrétien, Augustin se résolut à répondre par une œuvre de très longue haleine, le De ciuitate Dei libri XXII. Ce travail n’est pas seulement une entreprise apologétique destinée à dénoncer, par rétorsion, l’impuissance du paganisme à procurer la sécurité temporelle, et, a fortiori, la connaissance et la jouissance des vérités éternelles : il est, dans sa seconde partie, une méditation sur l’histoire en tant que lieu du pèlerinage, jusqu’à la fin des temps, de la Cité de Dieu mêlée la cité terrestre. L’auteur entend montrer comment les biens réels, moraux et culturels, que renferme la civilisation classique doivent être accueillis et assumés dans une perspective qui en restitue le véritable visage et faire voir les relations que la Cité de Dieu entretient avec la cité terrestre dans une dynamique tendue vers l’l’au-delà. Il en résulte un énorme ouvrage, sinueux et complexe, qui prête au contresens et semble inviter au raccourci. La présente communication n’a d’autre dessein que d’esquisser une Introduction au De ciuitate Dei, qui, autant que possible, en replace les thèmes majeurs dans leur juste lumière.